Pharping

Lundi 14 novembre : Changement de décor avec Pharping au sud de Kathmandu où je suis arrivé à 12h. Encore un magnifique village rural « Newar » avec des demeures d’époque. Ici aussi très peu de restauration. On construit du neuf à 5 ou 6 étages. Le village et son paysage sont défigurés, dommage. Mis à part les pèlerins bouddhistes, très rares touristes. C’est agréable de flâner dans les rues  pavées où de nombreuses échoppes d’artisans et de commerçants sont ouvertes à très peu de clients. La particularité du lieu, c’est la présence d’une énorme statue de « Gurn Rinpoche » en vitrine. A côté, s’étend « L’Auspicious Pinnacle Dharma Centre Of Dzongsac », un « chorten », bâtiment tibétain qui renferme 16 énormes moulins à prières. Des tibétains âgés assis, passent leur temps à faire tourner ces moulins, certains s’endorment. Un peu plus loin, un énorme édifice que l’on pourrait apparenter à un stupa, mais qui n’en n’est pas un. Il s’agit d’un « Ralo Gompa ». A côté, l’édifice pour les prières « Le Sakyatharig Gompa ». De très nombreux monuments, temples et autres édifices sont juchés sur les collines environnantes. Mais ça, c’est pour une autre fois…

Pharping pb140445-300x225                                                                               PB140438-300x225

 

Mardi 15 novembre : Dakshinkali est un lieu de pèlerinage hindou. C’est ici qu’un temple est dédié à ladéesse Kali, incarnation la plus sanguinaire de Parvati, l’épouse de Shiva. Comme cette déesse est assoiffée de sang, les pèlerins y sacrifient poulets, canards, chèvres et autres bestiaux, tous les mardis et plus spécialement les samedis, car c’est un jour néfaste. Une fois le sacrifice accompli, la viande est consommée soit sur place soit à la maison. Comment se déroule le sacrifice ? Un sacrificateur décapite l’un après l’autre les animaux qui lui sont présentés. Dès que la tête tombe, les fidèles récupèrent les bêtes, pour arroser de sang les bas reliefs de la Déesse. Tout le monde patauge dans le sang, pieds nus. Spectacle assez impressionnant, car on ne perçoit pas une quelconque ferveur religieuse ni émotive. Il y a chaque année au cours du mois d’octobre, des célébrations de « Dasain », le temple est inondé de sang et la statue de Kali baigne dans une flaque de sang. En somme, il faut adhérer à cette philosophie ou pratique religieuse.

PB150465-225x300PB1504681-225x300

 

16 novembre : Aujourd’hui je décide de visiter les jardins botaniques royaux du Népal à Godavari. Ce lieu est situé à 20km de Pharping. Pour s’y rendre, il faut traverser deux vallées. Un bus me dépose au sommet d’une montagne et je pense rejoindre à pied un premier village au fond de la vallée.
1e rencontre : un habitant de passage m’indique la direction. J’aperçois bien ce village, mais au fur et à mesure de la descente, je le perds de vue.
2e rencontre : je demande mon chemin à un passant et au bout d’1h, je suis au fond de la vallée. J’aperçois le pont suspendu, traverse la rivière, puis remonte vers le village. Là, j’ai beau regarder ma carte, je ne vois pas où je suis.
3e rencontre : je demande au premier passant qui interpelle une jeune femme.
4e rencontre : le dialogue s’installe avec cette femme que j’ai du mal à suivre dans cette montée rude. Au bout de 20mn on arrive au bord d’un chemin. Un bus scolaire arrive et la femme m’invite à prendre place parmi les élèves et leurs accompagnateurs. La femme est institutrice et nous arrivons à son école. Elle me présente à son Directeur puis à sa classe. Je suis la curiosité du jour… J’ai dû prendre congé et repartir vers un autre village pour trouver un autre moyen de transport. J’ai dû redescendre une seconde vallée, retraverser la deuxième rivière puis remonter vers le village de Chapagaon. A bout de souffle, je m’arrête au premier café pour boire un thé et manger. N’ayant aucun bus pour la destination Thanggu sur l’axe Kathmandu – Godavari, je fais confiance à mes chaussures et à mes mollets.
5e rencontre : un passant marche à mes côtés et on discute. Il m’indique une piste en terre. N’ayant pas le choix au milieu de nulle part, je lui fais confiance. La campagne profonde népalaise est magnifique, surtout le matin, à l’aurore…
6e rencontre : 10mn plus tard, un bus se présente. Je lui fais signe d’arrêter. Le chauffeur hésite mais comme j’insiste, il stoppe et m’invite gracieusement à monter. Je réalise qu’il s’agit du bus privé d’étudiants du collège hospitalier. Inutile de préciser l’ambiance dans le bus. D’où je viens, où je vais, comment je m’appelle, de quel pays et encore de très nombreuses questions. Je n’ai pas vu le temps passer, ni même la campagne… Même les bonnes situations prennent fin. La mienne s’est terminée une nouvelle fois au bord de la route prévue. J’ai quitté toutes ces braves personnes après les avoir remerciées.
Avec un bus local public j’arrive enfin à Godavari. Là, déception, les jardins botaniques royaux ont disparu, comme le roi d’ailleurs…
Mais au fond, quelle belle satisfaction d’avoir pu rencontrer de nombreuses personnes différentes, mais tellement chaleureuses !

 

PB180493-150x112    pb180494-150x112      pb180496-150x112      pb180520-150x112

Jeudi 17 novembre : Aujourd’hui, jour maussade, pas de soleil, des nuages, des brumes épaisses, de la fraîcheur. Aussi, je n’ai pu effectuer qu’une petite randonnée, non loin du village, avec la visite du site de « Shesh Narayan ». Ici se côtoient les pèlerins bouddhistes et hindous, par la présence d’un monastère, jouxtant le temple hindou. L’ensemble est encastré dans une falaise rocheuse. Il y a de très beaux bassins aux poissons sacrés. Ici pas de pollution, l’eau est parfaitement limpide et l’on y voit évoluer de belles carpes. Sur le parcours, je suis tombé ébahi devant des demeures « Newar » assez bien conservées. Malheureusement, aucune vue possible sur la campagne et les montagnes environnantes.
En somme, une journée ordinaire au milieu de la population locale et rurale.

PB170486-300x225                                                                                       pb170487-300x225

 

Vendredi 18 novembre :  Randonnée d’une dizaine de kilomètres dans la campagne pour visiter les villages ruraux de Bungamati et Khokana, typiquement « Newar ». Bien sûr, il y a des temples, comme dans tous les villages. J’ai assisté à la préparation d’une « puja » matinale. Dans les rues j’ai rencontré les habitants : sculpteurs sur bois et métal, tisserands, tailleurs, femmes filant la laine et vannant le coton, fermiers triant le riz ou stockant la paille de riz pour confectionner des nattes et autres matériels domestiques. Le regard est toujours attiré par des situations insolites.
Vers midi, j’ai déjeuné dans une « bhojanalaya ». J’ai été le centre d’intérêt pour les quelques personnes présentes, notamment pour le « restaurateur ». Aucun touriste ne pénètre dans ce genre d’établissement spartiate et peu engageant. Seul plat disponible, des « momo », 2ème plat national, avec un thé local. Quelle joie pour le tenancier quand je lui ai fait comprendre que c’était bon ! En vérité c’était excellent. Pour me remercier, il m’a offert quelques morceaux de buffles en sauce. Le dialogue s’est engagé. Comme d’habitude, d’où je viens, où je vais, comment je m’appelle, mon âge et j’en passe… Moralité, même avec la barrière de la langue, on arrive à se comprendre. Quelques mots d’anglais, un stylo, du papier et des gestes.
Encore une journée superbe, avec quelques rayons de soleil timides.

pb180495-300x225                                                                                       pb180535-300x225

 


Autres articles

Récit d'une volontaire au N... |
Avesnières Irlande |
zerah |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Notre coupe du Monde de Rug...
| voyage de noces de 2 ans a ...
| Les aventures de Laura en D...